Jeep M201 Sahara

Jeep M201 Sahara

Le carter de la pompe Autopulse

Nouvelle(s) pièce(s)Posté par Big One 25 mai, 2018 22:15:43

La semaine passée, j’ai pu consacrer une journée à la reproduction du carter de la pompe électrique Autopulse qui se trouve sur le longeron avant gauche de la Jeep. Je dois remercier pour cela Patrick T. qui m’a fourni les plans et une maquette faite sur base de pièces originales qu’il a pu étudier. Je ne devais donc que reproduire bêtement, et c’est ce que j’ai fait !!!

De par sa position le long du châssis, à un endroit assez exposé, la pompe Autopulse fut munie d’un carter de protection. On l'aperçoit sur de nombreuses photos d’époque grâce à sa forme en tête de diable inversé (un diable rouge évidemment).

Après analyse de la documentation reçue de Patrick…

…avec en autre ce magnifique crayonné qui reprend la forme exacte des flancs de protection…

Et étude de la maquette en taille 1/1...

J’ai sorti la disqueuse afin de découper mes pièces :

Ces dernières ont été soudées et voici mon premier montage de la pompe dans son carter :

C’est bon, on passe une couche de primer :

Ensuite peinture en beige et montage avec la pompe.

Et enfin essai de présentation de la pompe à sa future place, sur les supports que j’avais préalablement soudés il y a quelques semaines (voir article « la métamorphose se poursuit »)

Il est intéressant de noter que la pompe ne peut pas se démonter indépendamment du carter. En effet, les vis qui la fixent au carter sont inaccessibles une fois ce dernier fixé au châssis. Donc si vous devez changer la pompe, vous devez poser tout le carter.

Dernier travail effectué, j’ai percé 3 trous dans la traverse du châssis, afin de placer le carter de protection du filtre à essence qui se trouve à cet endroit.

Le plus important c'est que malgré ces travaux, je trouve toujours le temps d’aller faire une petite balade dans la région.

A+















  • Commentaires(0)//sahara.jeepbigone.be/#post74

La petite soeur des Jeep

HistoriquePosté par Big One 18 mai, 2018 13:59:00

Il est un véhicule qui a également trouvé sa place dans le désert et que l’on retrouve souvent en photo non loin des Jeep Sahara. C’est un véhicule emblématique français, un symbole même, j’ai nommé la Deuche !!!!!

En effet, la 2CV est omniprésente dans les bases sahariennes et sa fonction n’est pas très éloignée de celle des Jeep : elle est également utilisée comme voiture de liaison. En effet, bien qu’adaptée pour le Sahara, la Jeep ne rivalise pas dans le désert avec les Dodge 4x4 ou 6x6. Elle est certes employée pour des missions hors-pistes comme par exemple lors de la récupération de la dépouille de Bill Lancaster, on la prend pour faire une excursion dans l’Assekrem, mais sa fonction principale reste celle de voiture de liaison, tout comme la Deuche ! A la différence que les Deuche ne s’aventurent pas ou très peu hors des bases.

La Deuche a des atouts majeurs à l’époque, et certains lui permettent de s’adapter dans le désert : son poids, sa mécanique simple, ses amortisseurs imbattables, son prix,…

Elle fut dès lors déployée en grand nombre comme je vais vous le montrer sur les photos suivantes :

Commençons tout d’abord par 2 photos prises à Colomb Béchar. La première nous montre le parking devant le bureau de poste, avec parmi les voitures, 1 Jeep Sahara, et 2 Citroën 2CV.

Sur la photo suivante, on voit une Deuche et une Jeep qui se suivent sur une avenue de Béchar.

Passons maintenant à Reggan, avec tout d’abord la photo de la Jeep Sichler, et en arrière-plan, un officier sortant d’une Deuche. Les portes avant s’ouvrent vers l’arrière (portes suicide), ce qui fut abandonné à partir de décembre 1964. La couleur est la couleur standard des 2CV de l’époque, un gris moyen, dont on verra plus loin les variations de teintes dues plus que probablement à l’exposition au soleil.

Sur la photo suivante, on voit une Jeep et une 2cv à l’ombre du bâtiment de la gendarmerie à Reggan.

Voici une photo très intéressante qui nous montre une vue d’un bâtiment de Reggan-Plateau lors d’une tempête de sable. On notera qu’à part une Berline noire en arrière-plan, tous les véhicules sont soit des 2cv, soit des Jeep (et pas que des sahariennes d’ailleurs).

Et voici une autre photo typique dans la cour d'un Bordj à Reggan:

Quand on veut se faire un souvenir avec des copains, on prend souvent la pose devant une Jeep…

…ou une Deuche…

Ou les deux…

Lorsqu’il faut quitter une zone avant un essai nucléaire, on saute dans sa Jeep et on vide les lieux…

…quand ce n’est pas sauve-qui-peut en Deuche lorsque l’essai foire (tir du Béryl, 1962)

Lorsqu’on peut voir le monstre, le Berliet T100, on s’y rend en Jeep ou en Deuche

Et lors de l’évacuation des bases en 1967, les 2CV se mettent en convoi pour affronter les pistes (ici un convoi du 621e GAS partant de In Amguel ; notez le nombre de capots ouverts. Le Vapour Lock n’est pas réservé aux Jeep…)…

…ou elles accompagnent des Jeep pour leur retour en métropole (convoi de véhicule léger de Reggan à Oran en 1967).

Enfin terminons cet article par un dernier point commun entre les Jeep et les 2CV. Toutes les 2 ont connu une version saharienne.

Tout d’abord développée par un particulier pour les besoins de son exploitation dans le désert, la 2CV Sahara fut ensuite produite par Citroën et les premiers modèles sortirent d’usine en décembre 1960. L’armée ne s’y intéressa pas et donc la clientèle cible resta les différents sociétés d’exploitation pétrolière dans le sud algérien. Mais les accords d’Evian vinrent stopper les débouchées de ce véhicule en 1962. Il fut d’ailleurs renommé Citroën 2CV 4x4 suite à la perte de l’Algérie. La production s’étala de fin 1960 à 1967 et un peu moins de 700 exemplaires furent construits. Parmi les particularités de la 2CV Sahara, on notera la présence de 2 moteurs, chacun responsable d’un essieu et possédant un embrayage et un réservoir propre (placés sous les sièges avant, comme pour la Jeep Sahara). Les capacités de franchissements étaient assez impressionnantes vu le faible poids de l’engin.

La production trop tardive et le désintérêt de l’armée font qu’on ne retrouve aucune 2CV Sahara dans les bases militaires françaises du sud Algérien.

Aujourd’hui, les 2CV Sahara ou 4x4 sont des objets rares et convoités qui s’arrachent à des prix d’or.

Et aujourd'hui, en 2018 à Waterloo, on dira que non, non rien a changé...

A+





  • Commentaires(1)//sahara.jeepbigone.be/#post73

Rénovation version 2.0

Circuit essencePosté par Big One 12 mai, 2018 08:54:51

Aujourd’hui je ne vais pas vous parler de travaux que j’ai effectués sur ma Jeep, mais d’une petite amélioration sur la Jeep de Christian Huet. Il est le possesseur de la très jolie saharienne attachée au 1er RHP (Régiment de Hussards Parachutistes) à Tarbes fin des années 60 dont je vous ai déjà parlé à de nombreuses reprises (cf articles : « les Jeep du 1er RHP»).

Ces travaux concernent le circuit d’essence des sahariennes et plus précisément le boitier de sélection du réservoir.

Les Jeep Sahara sont équipées de 2 réservoirs. Dès lors, un collecteur permet de choisir entre le réservoir Principal et le réservoir de Réserve. Pour commander les robinets, un boitier est fixé sur le plancher avant gauche de la caisse comme on le voit ici sur la Jeep Sahara de Patrick Tedeshi :

J’ai réussi par chance à me procurer une copie moulée en ZAMAC de ce boitier avec ses 2 boutons.

Il me servira pour la reconstitution du circuit essence original de la Saharienne. C’est une pièce extrêmement rare et Christian s’est naturellement mis en tête de la reproduire pour sa Jeep, avec une contrainte en moins, il ne compte pas l’avoir opérationnelle, mais purement décorative.

Après quelques essais infructueux à partir d'une boite de Camembert (Aaah les Frouzes, je vous jure...), l’idée lui est très vite venue d’utiliser les technologies modernes pour la reproduire, à savoir l’impression 3D.

J’ai donc fourni le métré exact de la pièce à Christian. Son fils l’a ensuite modélisée en 3 dimensions :

Ensuite il ne fallait plus que passer à l’impression 3D. Le premier essai ne fut pas parfait :

Mais dès la 2ème tentative, la pièce a été reproduite à la perfection.

Voici un bouton avant ébarbage :

Et après ébarbage :

La pièce est pré-montée, puis reçoit sa peinture kaki.

Elle est enfin placée au pied du conducteur, sur le plancher de la caisse. Du bon boulot !!!!

Et voici un petit détail que seul un œil averti notera, mais qui fait toute la différence lors d’une rénovation.

L’effet est saisissant !







  • Commentaires(0)//sahara.jeepbigone.be/#post72

Bâche Sahara

Nouvelle(s) pièce(s)Posté par Big One 08 mai, 2018 22:39:19

Tout au long de ce projet je suis amené à rencontrer des professionnels dont le métier est la vente de pièces de Jeep. Sur le blog, je ne me prive pas de commenter les services rendus. Ainsi, mon principal fournisseur est Jeep Sud Est. Je suis content de leur rapidité et j’apprécie leur site. J’ai très peu travaillé avec Jeep Village, mais ils ne possèdent malheureusement pas de pièces de Sahariennes. Je pense toutefois qu’ils sont aussi très pros. A contrario, lorsque je ne suis pas content, je ne me prive pas non plus : quand Jeep-Dodge-GMC double le prix d’un vieux réservoir alors qu’ils ne l’avaient même pas identifié tout seul, je crie au scandale et je le fais savoir.

Mais aujourd’hui, j’attribue des bons points, et ceux-ci vont à la société Jeep4Ever. Je recherchais une société pour refaire une bâche saharienne de couleur brune. Après quelques refus à gauche à droite, je suis tombé sur cette société dont l’activité principale est la fabrication et réfection de sellerie et de capotes. Et je ne suis pas déçu. Ma bâche est arrivée aujourd’hui, elle est magnifique. Trop peut-être, il faut que je la vieillisse en fait. Mais quelle belle réalisation. Cerise sur le gâteau, le patron, Armando Gomes se couperait en quatre pour ses clients. Je vous laisse apprécier le travail :

Tout d'abord quelques photos de la confection:

Et enfin le résultat sur la Saharienne:

Et la bâche a bien fait d’arriver aujourd’hui : Vu la quasi canicule qu’on se choppe en Belgique, elle me protégera des insolations.

A+









  • Commentaires(0)//sahara.jeepbigone.be/#post71

Vapor Lock et nouvelle hypothèse

Circuit essencePosté par Big One 30 avril, 2018 09:55:56

Aujourd’hui je vais aborder 2 sujets dont je vous ai déjà parlé, à savoir le vapor lock et les modifications du circuit d’essence sur certaines Jeep Sahara 24v, dont la Jeep Sichler que je reproduis.

Mais commençons par le vapor lock. A la lecture des témoignages d’époque, on constate que c’était un des plus gros problèmes sur les véhicules évoluant dans le Sahara. J’ai pu me procurer sur eBay le Science et Vie Hors-série de 1958 sur le Sahara. C’est une source incroyable de renseignement.

Un article particulier aborde les véhicules sahariens. Voici ce qu’on dit à propos du Vapor Lock :

« Les installations de dispositifs spéciaux ne s’arrêtent pas là. L’alimentation en carburant pose, à cause de la chaleur, de sérieux problèmes dont le « vapor lock » est l’une des manifestations. On préconise dans ce cas de placer deux pompes aussi bas que possible ; l’une mécanique, l’autre électrique et commençant à débiter avant que le moteur soit en route. »

C’est intéressant parce que l’on constate que le dédoublement du circuit d’essence avec ajout d’une pompe électrique n’est pas propre à la Jeep Sahara, mais est une solution préconisée pour tous les véhicules devant évoluer dans le Sahara. La Jeep Sahara ne révolutionne rien et pioche à gauche à droite des solutions déjà éprouvées(et pas que pour le circuit d'essence, pour preuve, le gonfleur Bavox utilisé sur les anciens camions Citroen U23, le phare Auteroche qui provient de véhicules civils)

Je me suis donc mis à la recherche d’autres témoignages (source : les amis du pic Laperrine), et le suivant est assez intéressant car il nous donne l’appellation de cette pompe°:

« …sur les Berliet GLC 28 une pompe électrique nommée pompe de balayage était actionnée lors du crachotement du moteur et avait pour effet de remettre en ordre sans arrêt et pouvoir continuer comme si de rien était… »

Le Vapor Lock touche donc tous les véhicules et les solutions apportées ne sont parfois pas suffisantes. L’ajout de la pompe Autopulse va certes diminuer le phénomène sur la Jeep, mais pas l’empêcher. Et les conséquences peuvent être dramatiques, comme à la lecture de ce témoignage :

« De plus, il était sujet aux "vapor lock". C'est la vaporisation de l'essence entre la pompe et le carburateur. Résultat : panne d'essence avec un réservoir plein. Un sous-lieutenant en a été victime entre Reggan et Hamoudia. Il a perdu son sang-froid et a abandonné sa jeep. Il en est mort. »

Des solutions de terrain vont donc être trouvées. Voici un autre témoignage d’une astuce trouvée pour l’éviter :

« Il faisait très chaud, au Sahara, mais il n'y avait pas que les hommes qui souffraient. A In Amguel, on était à 1000 mètres d'altitude, et le Vapor-Lock était notre hantise. J'avais récupéré un vieux tuyau de douche torsadé qui fuyait de partout. Je l'avais plaqué sur la tubulure d'essence et il dépassait à l'arrière du capot de ma jeep. (…) De temps en temps, quand le moteur commençait à tousser, je le remplissais d'eau qui suintait. Elle refroidissait tant bien que mal la partie où l'essence surchauffée se vaporisait. Mais il ne fallait pas que le carburateur se désamorce complètement : il n'y avait plus qu'à s'arrêter, capot ouvert, et attendre que ça refroidisse ! »

Une autre solution consistait à enrouler les tuyauteries d’essence et le carburateur de tissus qu’on imbibait d’eau. L’évaporation du liquide consommant de la chaleur, la température diminuait et l’essence ne se vaporisait pas :

« La solution qu'on utilisait est toute simple : il faut prendre des gros chiffons , les tremper dans de l'eau, un peu les égoutter , et entourer entièrement le carbu avec ces chiffons mouillés ( et les empêcher de tomber en les attachant ! ) »

sur cette photo on voit le conducteur verser de l'eau sur les conduites du circuit d'essence.


Ou encore sur les Dodge :

« (…)en juin sur la piste la température pouvait atteindre et même dépasser 45 °C (ce qui donnait parfois une température ressentie de + de 70 °C). (…) Nous étions le plus souvent obligé de stopper en plein hamada car les Dodge et autres véhicules à moteur à essence vaporisaient (on disait qu'ils faisaient des "vapor locks" ) et malgré l'astuce des mécanos (on enveloppait les pompes à essence et les carburateurs de bandelettes en tissus que l'on humidifiait même en roulant donc en ouvrant les capots au risque de tomber sur la piste ) cela ne suffisait pas et nous tombions en panne. »

Autre témoignage, et autre solution apportée sur les Dodge :

« Départ 4h00, nous repérons des traces de caravane de chameaux. Les 6X6 font du Vapor Lock: à 16h00 l’essence se vaporise dans le circuit : on sort un jerrycan de 20 l qu'on met sur un point haut, à côté du chauffeur et on relie par un tuyau directement au carburateur, sans passer par la pompe. »

On parle également de l’utilisation des extincteurs que l’on vidait sur les tuyauteries d’essence, ce qui diminuait fortement la température. Enfin, j’ai lu un autre témoignage qui parlait de l’orientation du vent. En effet, si vous aviez un vent de dos en roulant en plein été, le compartiment moteur était beaucoup moins refroidi, ce qui pouvait accentuer le phénomène de vaporisation. Il fallait parfois évoluer en zigzags pour avoir au minimum un vent latéral et aérer un tant soit peu le moteur.

Cette histoire de vent arrière m’a fait penser à une nouvelle hypothèse quant au circuit d’essence des Sahariennes et en particulier celui de la Jeep Sichler. Je vous renvoie pour cela à mon article les bidouillages de la série 221 21xx.

Dans cet article, j’avais analysé 4 photos de Jeep pour lesquelles on constatait une modification du circuit d’essence. On trouvait sous l’aile avant gauche un filtre à essence.

J’avais émis des hypothèses quant à cette modification. Je vous retranscris ma première hypothèse d’alors qui concernait une modification du circuit d’essence mécanique (le circuit principal) :

« Hypothèse 1 : Le filtre à essence du circuit principal est déplacé de l’intérieur du capot, de sa position standard sur le tablier avant gauche, vers l’intérieur de l’aile. Cette hypothèse ne me plait pas trop parce que je ne vois pas la raison de déplacer ce filtre d’un endroit pratique et protégé vers un endroit finalement assez exposé. »

Vous constatez que ne comprenant pas l’intérêt de cette modification, elle ne me convainquait pas. En me relisant je comprends que la solution est peut-être justement dans ce que je trouvais absurde, à savoir la position exposée du filtre à essence!!!

En plein été la chaleur atteint parfois plus de 45°c à l'ombre. Cela surchauffe les tôles. On peut cuire un œuf sur l’aile d’un Dodge et l’air confiné dans le compartiment moteur est déjà bien chauffé. Lorsque le moteur tourne et dégage de la chaleur, c’est encore pire et la température augmente de plus belle. Pour pallier à cela, on constate sur de nombreux véhicules évoluant dans le Sahara qu’on enlève souvent les éléments latéraux du capot afin d’aérer le moteur. Ce n’est pas possible sur une Jeep malheureusement.

Tout élément se trouvant dans ce compartiment va chauffer. Ainsi, l’essence contenue dans les canalisations va voir sa température augmenter, mais également l’essence se trouvant dans le filtre à essence et qui y transite avec un débit assez lent.

Dès lors, en plaçant le filtre à essence sous l’aile avant, vous la sortez de l’environnement très chaud du compartiment moteur. De plus par la vitesse du véhicule, vous l’aérez et donc empêchez une augmentation trop importante de la température de l’essence qui y transite.

En conclusion, le filtre à essence du circuit principal (mécanique) est déplacé hors du compartiment moteur afin de rendre la Jeep un peu moins sensible au vapor lock. Le circuit de la pompe de balayage (Autopulse, électrique), n’est pas modifié et vient augmenter la pression de l’essence en cas de début de vapor lock.

Je trouve cette hypothèse très élégante malgré que je n’aie à nouveau aucune certitude.

Il me faut encore trouver une autre preuve pour l'étayer.

Pour ce faire, je vous remontre le circuit d’essence des Jeep 24V : en bleu le circuit « mécanique », en rouge le circuit « électrique » de secours, avec la pompe de balayage Autopulse.

Cette pompe Autopulse est placée normalement derrière un carénage que l’on peut voir sur la photo suivante.

Si on modifie le circuit rouge, et donc qu’on déplace la pompe électrique et le filtre de ce circuit, il n’y a plus de raison de garder ce carénage. Et donc, si le carénage est présent, on peut supposer que le circuit rouge n’est pas modifié.

Or, ce carénage possède un élément distinctif, à savoir 2 petites plaques qui dépassent pour protéger la pompe, ce qui donne l’impression d’avoir 2 petites piques vers le bas, voir une tête de diable à l’envers.

Sur la Jeep 221 2130, en agrandissant on distingue ces 2 petites piques.

Et donc, ce n’est pas le circuit rouge (électrique) qui est modifié, mais le circuit bleu de la pompe mécanique. Sur la Jeep 221 2130, le filtre à essence est donc également déplacé hors du compartiment moteur, à un point plus bas, et beaucoup plus aéré.

cqfd

Je compte dès lors modifier mon circuit d'essence de la sorte sur ma Jeep.

Sur ce A+















  • Commentaires(0)//sahara.jeepbigone.be/#post70

Le Gendarme et les Sahariennes (partie 2)

HistoriquePosté par Big One 24 avril, 2018 10:52:59

Cet article est la suite du précédent article sur les Jeep de la Gendarmerie. Il va nous permettre de voir plus en détail les marquages de ces véhicules et se base sur une série de photos très détaillées des Jeep utilisées lors de la récupération de la dépouille de Bill Lancaster. Je vous avais déjà parlé de cette histoire dans un article précédent (« Le Southern Cross Minor » ), et je m’étais basé à l’époque sur des photos de faibles qualités trouvées sur Internet. Ces photos avaient été utilisées dans un article relatant cette histoire dans la revue « Gendarmes d’hier et d’aujourd’hui » de 1995 (voir article sur le site du 3è GT).

Il se fait que les photos originales ont été postées en bien meilleure qualité sur le site du 3ème Groupe de Transport, ce qui me permet maintenant de faire une vraie analyse détaillée de ces véhicules.

Mais revenons brièvement à cette histoire : en février 1962, un escadron de Dodge de la Légion tombe par hasard sur une épave d’avion en plein milieu du Tanezrouft. Le pilote git à côté de son avion, et il a laissé un carnet relatant son agonie dans le désert. Il s’agit de Bill Lancaster, aviateur malchanceux ayant tenté de battre le record de vitesse entre Londres et Le Cap en avion en 1929. Comme il y a un cadavre, la gendarmerie est appelée pour constater le décès.

Un escadron de 3 Jeep est donc envoyé pour une mission « hors-pistes ». Et déjà l’article précité nous fournit des informations intéressantes quant à la structure de cet escadron pour ce type de mission :

La 1ère Jeep est celle du Chef de Corps. Elle emmène les réserves de vivre et est responsable de l’orientation de l’escadron. 2 occupants sont à bord.

La 2ème Jeep est la Jeep « Radio », 2 hommes d’équipage : En plus du poste radio, elle emporte du matériel de maintenance afin de palier à une éventuelle panne du poste de télécommunication.

La 3ème Jeep est la Jeep « Auto », 2 hommes d’équipages et du matériel de réparation auto en cas de panne mécanique. J’imagine que l’on doit y trouver du matériel tel que demi-axe de roue arrière, pompe à essence, filtre à essence, fluide divers,… Cette Jeep emmène également une réserve importante de carburant.

Tous les hommes sont volontaires, mais je doute qu’ils aient été difficiles à trouver tant l’excursion risque d’être intéressante.

La photo n° 1 montre les 3 Jeep vu de l’arrière :

Sur la photo n° 2 on voit les 3 Jeep à côté de l’épave de l’avion:

Sur la photo n°3, on voit les 3 Jeep, avec en tête celle du chef de corps, derrière la 2ème Jeep (24V), et à droite mais coupée par le cadrage la 3ème Jeep, équipées en 6V celle-là.

Enfin sur la photo n° 4 on voit la Jeep du chef de corps descendre une dune.

Passons maintenant à l’analyse en détail de ces photos.

Photo 1 :

Premier point très positif, on peut lire 2 immatriculations, à savoir les plaques 211 4055 et 211 4056. J’avais déjà identifié la plaque 211 4056, mais pas encore la 4055. Cela ajoute donc une Jeep à la série d’immatriculation de 1961 qui comportent maintenant les Jeep 211 4004, 4005, 4010, 4033, 4055, 4056, 4076, 4085, 4087 et 4089.

La Jeep du chef de corps étant la 211 4056 (photo 3 et 4), la Jeep 211 4055 en premier plan est soit la Jeep « Auto », soit la Jeep « Radio ». On distingue une antenne partant de la troisième Jeep au fond et donc on a notre réponse tout de suite. La première Jeep est la Jeep « Auto ».

Elle est bien chargée d’ailleurs car en plus de son jerrican, on a placé 5 autres jerricans sur la banquette arrière. Il semblerait qu’ils soient maintenus en position par une barre métallique qu’on voit légèrement dépasser sur le caisson arrière gauche. La caisse est d’ailleurs remplie à ras-bord de matériel. Chaque jerrican de 20 litres permet d’augmenter le rayon d'action de +/- 130km par Jeep.

Les jerricans sont de couleurs très foncés, on aurait presque tendance à dire qu’ils sont peints en noir.

Afin de pouvoir dépanner ou tirer un autre véhicule, une corde assez fine est attachée sur l’attache remorque. Elle est enroulée grossièrement sur la roue de secours.

Sur les parechocs arrière gauche des 2 premières Jeep on voit une grenade sur fond noir, symbole de la gendarmerie. Sur la 3ème Jeep, on ne distingue que le carré, mais il s’agit donc du même marquage.

Les sièges avant sont recouverts de grosses couvertures en laine, et d’ailleurs les hommes ont mis leur kachabia. On est en février, il peut faire très froid dans le désert.

Dernier petit détail assez rare, la première Jeep est équipée d’un porte fusil et on distingue une arme dedans. C’est la première saharienne que je vois équipée comme cela.

Photo n°2 :

On voit les 3 Jeep à côté de l’avion. Les 2 Jeep extérieures sont les 24V, la Jeep centrale est la 6V : c’est la Jeep radio, malheureusement il n’est pas possible de lire sa plaque.

Photo n°3 :

On voit à nouveau les 3 Jeep, mais en tête la 211 4056 du chef de corps. Des couvertures recouvrent également les sièges avant.

Cette Jeep est responsable de l’orientation du groupe. La caisse est bien remplie, on distingue à gauche un jerrican plus clair couché, probablement une nourrice d’eau supplémentaire.

Sur le parechoc on retrouve le marquage de la gendarmerie, à savoir la grenade peinte au pochoir, à gauche du drapeau tricolore, sur un fond carré noir.

A droite, on voit très bien la M201 6V qui est la Jeep radio de cette expédition. GENDARMERIE est écrit sur la tablier du parebrise. L’écriture est blanche, le fond est noir.

Dans l’article précédent sur la gendarmerie, nous avions vu une Jeep de la prévôtale portant l’inscription complète : GENDARMERIE PREVOTALE. Ici, vu la taille des lettres, il ne peut être écrit que GENDARMERIE. On peut donc penser que les 2 autres Jeep 24V ont le même marquage sur leur parebrise.

Photo n°4 :

Il s’agit à nouveau de la Jeep du chef de corps qui descend une dune. Un petit détail a retenu mon attention sur cette photo, à savoir la poignée à laquelle se tient le passager. A cet endroit on trouve normalement une poignée standard mais ici on en a rajouté une plus longue.

Notons qu’on retrouve la même modification sur la Jeep 6V de la photo n°3.

Et voici un agrandissement des 2 poignées :

Autre détail, l’extincteur est fixé sur l’aile côté passager, et on distingue ce qui semble être une petite trousse de secours en-dessous de la poignée. Le jerrican clair est visible devant le pneu. Je pense qu’il s’agit d’une nourrice de 10 litres et pas de 20, et certainement de l’eau comme déjà supposé.

Voilà pour aujourd’hui, vous l’aurez constaté, la vie dans le Sahara n’était certainement pas la même que celle à St Tropez dans les années 60 !

Quoique…

A+









  • Commentaires(0)//sahara.jeepbigone.be/#post69

Le Gendarme et les Sahariennes (partie 1)

HistoriquePosté par Big One 17 avril, 2018 14:55:59

Au printemps 1964, le maréchal-des-logis-chef Ludovic Cruchot est muté dans le sud de la France et c’est en partie grâce à une Jeep Hotchkiss, qu’aidé de ses collègues Fougasse, Merlot, Tricard et Berlicot, il s’attaquera au vice qui ronge les plages de la cité balnéaire de Saint-Tropez pour la plus grande satisfaction de l’adjudant-chef Gerber.

Et c’est à bord du même véhicule, mais comme vous vous en doutez légèrement modifié pour supporter les conditions extrêmes, que la gendarmerie nationale exécute sa mission de maintien de l’ordre dans les immensités du Sahara.

Car oui, la gendarmerie est bien présente au Sahara. Elle est initialement basée à Alger, puis en 1961 elle se déplace à Reggan et devient le GAGS (Groupement Autonome de Gendarmerie du Sahara).

Baraque Fillod de la Gendarmerie Nationale à Reggan: une Jeep et une 2CV sont garées à l’ombre.

Et petit zoom sur la Jeep :

Elle est subdivisée en 22 brigades réparties dans les différents oasis.

Photo Gendarmerie Nationale à in Ecker

Pour leur déplacement les Gendarmes utilisent des Jeep Sahara. Voici une photo de 2 Jeep 6V entourées de Gendarmes.

Notons la tenue des gendarmes qui portent quasi toujours la Kachabia (voir l’article « Mode Saharienne ») et le képi noir. Les Jeep sont équipées de radios ANRGC9, et les antennes arborent un fanion rouge, probablement de reconnaissance.

La mission de la gendarmerie est simple : maintien de l’ordre. Mais avec la particularité d’opérer dans un territoire immense et hostile.

Analysons maintenant quelques photos de Jeep utilisées par la Gendarmerie.

Les 2 premières photos montrent la Jeep 24V 211 4087 de 1961.

Il s’agit d’une Jeep de la gendarmerie prévôtale, ce qui est indiqué sur le pare-brise en blanc sur fond noir.

La gendarmerie prévôtale fait partie de la gendarmerie nationale et a pour mission la police judiciaire militaire pour les forces stationnées hors de France.

J’ai trouvé des Jeep non-sahariennes de la prévôté ayant le même marquage, mais sur un fond bleu foncé. Mais à l’analyse des 2 photos précédentes, il n’y a pas de doutes sur la couleur noir.

Il est intéressant de noter d’ailleurs que ce pare-brise ne possède pas de phares Auteroche, c’est donc un pare-brise de Hotchkiss standard.

Autre détail dans les marquages, le parechoc est peint tout à fait en noir, sauf à ses extrémités blanches évidemment.

Voici 3 autres photos de Jeep de la gendarmerie. Elles proviennent de la page de Jean-Marie Laporte, dont je vous avais déjà parlé dans l’article « les pré-sahariennes ». Elles ont été prises lors d’une excursion dans le Tefedest, chaine montagneuse au nord du massif du Hoggar et où on trouve des peintures rupestres. Lors de cette excursion, Jean-Marie Laporte est accompagné d’amis gendarmes qui se déplacent dans leur saharienne de fonction. Les photos ne sont malheureusement pas très nette, mais suffisamment pour pointer quelques détails :

Sur cette première photo, prise de derrière, on constate la présence du phare de blackout sur l’aile avant gauche, il s’agit donc certainement d’une Jeep 6V. On distingue un carré sur le parechoc arrière gauche, c’est un marquage de la gendarmerie, nous y reviendrons dans mon prochain article.

Sur cette 2ème photo, la Jeep se trouve bloquée sur un rocher. En analysant l’aile avant droite, on confirme qu’il s’agit d’une Jeep 6V. Il y a une indication sur le panneau du pare-brise, mais elle est malheureusement illisible. Toutefois, on voit des inscriptions probablement rouges sur un fond blanc.

Dernier point remarquable de cette Jeep : les pneus. Elle n’est en effet pas équipée des Michelin XC, mais d’un profil tout terrain.

En faisant des recherches sur les différents pneus utilisés sur les Jeep, je trouve que le profil se rapproche des Dunlop T28.

Enfin, il existe une dernière photo de cette Jeep, prise à l’entrée d’un petit défilé :

C’est tout pour aujourd’hui, et je continuerai dans mon prochain article l’analyse de ces Jeep de la gendarmerie.

À suivre et… A+







  • Commentaires(0)//sahara.jeepbigone.be/#post68

C'est Papy Mougeot!!!!

DiversPosté par Big One 14 avril, 2018 09:46:15

Je reviens aujourd’hui sur cette photo d’un convoi de véhicules légers entre Reggan et Oran en 1967, sur laquelle on distingue 3 M201 Sahara, et dont la première, que je pense être la Jeep 211 4010, possède une calandre bicolore.

En analysant la photo en noir et blanc et en comparant aux couleurs identifiées, j’avais émis l’hypothèse que la calandre pourrait être peinte en rouge et jaune. Les calandres bicolores sont souvent vertes et blanches et indiquent des Jeep de la circulation routière. J’ai trouvé un exemple de calandre jaune et verte. Enfin, j’avais trouvé pas mal de Jeep du 4e Régiment de Hussards dont Les calandres étaient blanches et bleu-marine. Je n’avais par contre aucun exemple de calandre bicolore sur des Jeep Sahara…

J’ai trouvé une photo qui pourrait valider mon hypothèse de couleur. Il s’agit d’un Berliet GBC 8 de la 12e CSM trouvé sur le site du 3ème Groupe de Transport. La 12ème CSM, d’abord appelée Compagnie Saharienne du Matériel, puis à partir de 1963 Compagnie de Service du Matériel, a pour mission l’entretien et le bon fonctionnement du matériel des armées.

On voit clairement que la calandre est peinte en rouge et jaune. Dès lors, une Jeep attachée au 12e CSM pourrait avoir la même peinture.

Un doute subsiste toutefois, l’agencement des couleurs : Sur la calandre du Berliet, la diagonale est inversée avec le rouge en bas à gauche, et sur la Jeep le rouge serait en bas à droite. La plaque jaune et rouge attachée sur la calandre du Berliet possède la bonne orientation de diagonale, mais le rouge est maintenant au-dessus.

Cela dit, je trouve plausible mon hypothèse. Je n’ai aucune preuve. J’ai l’impression d’avoir fait avancer le schmiili, le schlili, le schlimi, le schlimibi, le schlimibili…

A+





  • Commentaires(0)//sahara.jeepbigone.be/#post67

Elle sentait bon le sable chaud... ma saharienne

HistoriquePosté par Big One 07 avril, 2018 08:41:59

La Légion Étrangère est bien active en Algérie. Notamment le 2ème REI (Régiment Etranger d’Infanterie) qui est chargé d’assurer la sécurité du Sahara. Ce régiment est composé d’Escadrons Portés qui veillent à la sécurité des centres d’essais et des exploitations d’hydrocarbures (voir l’article « le terrain de jeux des scientifiques »). Font également partie de ses tâches la surveillance de la frontière avec le Maroc pour éviter l’infiltration et la contrebande d’armes pour les "rebelles" durant la guerre. La Légion est répartie dans le désert et prend ses quartiers dans des anciens forts, les Bordj.

Bordj Brencklé à Tabelbala

Bordj René Estienne à Reggan

Après les Accords d’Evian et la fin de la guerre, le 2ème REI reste dans le désert et est basé à Colomb Béchar. Les Compagnies Portées restantes sont réparties dans le désert.

Ainsi le 1er ESPL (Escadron Saharien Porté de la Légion) est basé à Reggan pour garder les sites du CSEM. En 1963 il est dissous et renommé 5ème Compagnies Portées du 2ème REI. Il garde sa mission.

La 3ème CSPL (Compagnie Saharienne Portée de la Légion) est basé à Laghouat. On y trouve le centre d’essai des engins spatiaux géré par le CIEES de Colomb Béchar.

La 4ème CSPL est aussi basée à Colomb Béchar et surveille la frontière pendant la guerre. Elle deviendra en 1963 la 2ème Compagnies Portées du 2ème REI.

Ces Escadrons ou Compagnies Portées sont principalement équipées de Dodge WC 4x4 ou 6x6 saharien.

Elles utilisent également des blindés légers comme l’AMM8 Greyhound.

Et bien évidemment la Légion emploie quelques Jeep dont des sahariennes que nous allons aborder dans cet article.

Tout d’abord analysons en détail les photos de la Sahara 24 V 221 2162 dont il existe 3 photos. La première nous permet de voir la Jeep de face dans un campement dans le désert. Cette photo est intéressante à plus d’un titre.

Zoomons sur la Jeep et passons en revue tous les détails :

Le pare-chocs est complètement peint en blanc. À gauche on voit le symbole de la légion, et à droite un marquage d’unité. On distingue un marquage semblable mais différent sur la photo du Greyhound. Ces marquages sont communs à tous les véhicules de la Légion dans le Sahara.

Notons que pour n’avoir aucun doute sur l’appartenance à la Légion de cette Jeep, elle possède en plus du marquage sur le pare-chocs le poignard de la Légion sur la Calandre, un petit drapeau vert et rouge sur l’aile avant gauche et un fanion de la légion en haut de son antenne radio…

Son coffre à outil est étonnamment peint en kaki.

Sur l’aile avant gauche, à l’emplacement du phare de blackout, on trouve ce qui semble être une sirène avec un beau cerclage chromé.

En dessous de l’aile, on distingue une conduite d’essence partant du collecteur et allant vraisemblablement dans un filtre ou une pompe à essence placée sous l’aile. J’avais déjà parlé de cette modification dans mon article « les bidouillages de la série 221 21xx ».

Le pare-brise n’est pas d’origine car il ne possède pas le phare de recherche Auteroche.

Enfin, dernier petit détail, la forme assez curieuse du rétroviseur qui rappelle la forme du rétroviseur latéral des Schwimmwagen allemande. Mais que ferait un rétroviseur de Schwimmwagen dans le désert??? Les légionnaires n'ont pas de passé, mais tout de même.

Cette Jeep a également été prise en photo sous un autre angle, devant des Dodge sahariens.

Et enfin il existe encore une photo du camp, mais prise d’assez loin et sur laquelle on la voit.

La photo suivante montre la Jeep Sahara 24 V 211 4033 de 1961 lors du défilé du 14 juillet 1966 à Colomb Béchar. Parmi les détails remarquables, notons les housses de siège blanches, probablement mise pour le défilé. Enfin, on constate sur les pare-chocs arrière l’insigne de la Légion à droite, et un marquage d’unités à gauche, copie miroir en vertical de celui de l’AMM8 Greyhound.

La dernière photo de Jeep de la Légion que j’ai trouvée semble assez banale de premier abord.

Il s’agit probablement de la Jeep 221 2132 (la plaque est difficile à lire) lors d’un défilé. Pourtant, en zoomant, on découvre à nouveau des modifications très intéressantes :

Elle possède les marquages standards de la Légion sur son pare-chocs. Le signe d’unité est difficilement identifiable, et la partie centrale du pare-chocs est complètement peinte en noir.

Sur l’aile avant gauche, on retrouve la même sirène avec le cerclage brillant, comme sur la Jeep 221 2162.

Elle possède une rehausse de pare-brise.

Assez rare, si on s’attarde sur l’arrière de la Jeep, on constate qu’elle possède 2 roues de secours. C’est intéressant car la seule saharienne que j’avais identifiée avec ce type de modification est la Jeep 221 2136 du Lieutenant-Colonel Sichler. Cela en fait donc 2 maintenant.

Enfin on constate que la banquette arrière a été remplacée par un siège unique central.

Je termine avec une photo de la Saharienne de Patrick T., superbe réalisation dont je vous ai déjà parlé et qui est aux couleurs de la Légion.

A+









  • Commentaires(0)//sahara.jeepbigone.be/#post66

les "pré-sahariennes"

HistoriquePosté par Big One 01 avril, 2018 21:36:30

Les 1ères Jeep sahariennes sont sorties des usines Hotchkiss en 1959 et ont ensuite été envoyées en unités dans les bases du désert. Cela ne veut évidemment pas dire qu’il n’y avait pas de Jeep dans le désert avant. Nous allons donc aborder aujourd’hui les Jeep que j’appellerai « pré-sahariennes », à savoir des Willys et des Hotchkiss légèrement modifiées pour l’utilisation dans le désert.

Ces Jeep seront d’ailleurs employées en parallèle des sahariennes jusqu’à la fin de l’aventure française en AFN. Cette dénomination de « pré-saharienne » est tout à fait personnelle, et nous sommes bien d’accord que les véhicules présentés sont tout à fait standard, mis à part quelques détails. Par contre, c'est l'expérience acquise par l'utilisation de ces Jeep dans ce milieu hostile qui détermina les modifications à apporter pour la création des M201 "Sahara".

Un convoi de Dodge précédé de 2 Jeep, Willys ou Hotchkiss.

La première adaptation est liée au camouflage. C’est évidemment la peinture des véhicules qui est beige. Les teintes peuvent varier fortement comme par exemple pour cette Willys, si l’on compare au beige du Dodge en arrière-plan.

Elles possèdent en général la capote modèle Sahara, de couleur brune ou marron, avec sa fenêtre en mica et son cerclage métallique noir.

Toutes ces Jeep sont équipées des Michelin XC radiaux. Ceci annonce déjà les montures des Jeep Sahara. Toutefois, j’ai l’impression que sur certaines photos les pneus sont moins grands ce qui sous-entend que des Jeep aient été montées en 6.00 x 16 et pas en 6.50 x 16, comme sur les sahariennes.

Pour faciliter les franchissements, les Jeep sont parfois équipées d’échelle de désensablement, comme sur la photo suivante. Les échelles sont fixées sur le pare-chocs avant, tout comme sur les Jeep Sahara du 3ème GT plus tard. Never change a winning team…

Les Jeep sont fortement sensibles à la chaleur et au vapour lock. Sur les futurs modèles Sahara, le circuit d’essence dédoublé et la pompe électrique Autopulse sont censés diminuer le problème. Sur les « pré-sahariennes » malheureusement on tombe souvent en panne, comme sur cette photo montrant un groupe s’affairant autour d’une Jeep Willys en rade. La personne au milieu verse du liquide sur le carbu, dans le but de le refroidir.

D’ailleurs dès qu’elles sont à l’arrêt, on ouvre le capot pour refroidir le moteur.

Parmi toutes les photos de Jeep « pré-sahariennes » que j’ai pu trouver, l’une d’elle m’a marqué plus que les autres. Il s’agit de la Jeep Hotchkiss M201 031 448 de 1959 du service météo des armées. Ces photos proviennent du site du 3ème Groupe de Transport sur la page de Jean-Marie Laporte.

En guise de reconnaissance, un placard marqué METEO est collé sur le dessous du pare-brise.

C’est une Jeep militaire, et donc elle garde ses marquages militaires, comme la grenade avec le 1, sur le côté.

On distingue en bas à droite du pare-brise l’inscription ANTIGEL en lettre rouge. Cela veut dire que la Jeep est traitée contre les températures négatives : et oui, il peut geler la nuit dans le désert.

ANTIGEL : vue de l’intérieur de la Jeep, lors d’une « chasse à la gazelle ».

Il n’y a pas encore de réservoir d’eau installé entre les 2 sièges avant. Qu’à cela ne tienne, on utilise les méthodes éprouvées par les Touaregs, les vrais habitants du désert. Une outre en peau de chèvre, la guerba, est attachée sur la caisse. Elle permet à l’eau de rester fraiche. J’ai vu des photos de Dodge de la Légion utilisant le même procédé.

Une constante sur toutes ces photos, la joie de vivre et les vues magnifiques. Je vous recommande de lire le parcours saharien de Jean-Marie Laporte sur le site du 3ème Groupe de Transport (http://www.3emegroupedetransport.com/LAPORTEJeanMarie.htm). Les photos sont superbes. Les paysages époustouflants.

En écrivant cet article j’ai voulu contacter Jean-Marie Laporte via son adresse e-mail disponible sur le site du 3ème GT et ce afin d’obtenir quelques infos complémentaires, voir des photos inédites. Malheureusement il est décédé le 18 mars dernier, il y a 12 jours seulement. Je suis certain qu’il a emmené avec lui tous les magnifiques paysages qu’il a dû voir durant sa vie extraordinaire.

A+













  • Commentaires(0)//sahara.jeepbigone.be/#post65
« PrécédentSuivant »